Le partage, la nouvelle façon de consommer !

D’après une récente étude Nielsen (mai 2014), réalisée grâce à la participation de 30 000 personnes réparties dans 60 pays, l’économie du partage a le vent en poupe ! En effet, les résultats de cette étude montrent que les pratiques collaboratives sont en plein boom. Les consommateurs sont de plus en plus adeptes de nouveaux modèles économiques : partage et consommation collaborative, économie circulaire ou « de fonctionnalité ».

Le constat est simple : nous avons tous un nombre incalculable d’objets qui dorment dans nos placards et que nous ne dépoussiérons qu’à de rares occasions. Que dire de cette fameuse perceuse remisée au fond de la caisse à outils, elle-même enfouie dans la cave ? Ou encore de ce vélo que nous n’utilisons plus depuis plusieurs années sauf à de très rares occasions et dont les pneus commencent à se dégonfler dans le garage ? Sans compter l’appareil à raclettes que nous n’avons jamais l’occasion d’utiliser (ou bien une fois ou deux en hiver, avant de s’en mordre les doigts une fois sur la balance…) et qui prend de la place dans le placard de la cuisine ? Pourquoi laisser tous ces objets inutilisés alors que de nombreuses personnes sont prêtes à payer ou partager en retour pour les utiliser ? C’est le premier constat de l’étude Nielsen, mettant en exergue l’intérêt de l’économie du partage : tirer parti des objets que vous n’utilisez pas en les prêtant à d’autres contre rémunération ou contreparties.Propension à partager en fonction du continent d'origine

Au travers de son étude « Is sharing the new buying ? » (en français, le partage est-il le nouvel achat ?) l’institut d’études Nielsen dresse un portrait de l’économie du partage et de ses adeptes à travers le monde. Les résultats témoignent de l’intérêt que portent les répondants au partage. Au niveau mondial, 68% se disent prêts à partager des objets leur appartenant et 66% des objets apprenant à d’autres. En tête du classement on retrouve les pays d’Asie Pacifique qui à 78% se déclarent prêts à partager leurs biens à 81% les biens des autres. On retrouve les Européens en avant dernière position avec 54% d’intention de partager ses propres biens, chiffre significativement supérieur aux 44% lorsqu’il s’agit d’emprunter les biens d’autrui (signe d’une envie de partager davantage ?).

Partagez, vous y gagnerez

D’après Rachel Botsman, le marché de la location atteindrait près de 3,5 milliards de dollars (un peu plus de 2,6 milliards d’euros) : un marché florissant à très fort potentiel de croissance.

La notion de partage est loin d’être récente. Il était monnaie courante au siècle dernier (non, non ! Ce n’est pas si lointain que ça). Puis le capitalisme moderne, la production et la consommation de masse sont passés par là. Ils sont aujourd’hui ébranlés par la crise économique et un pouvoir d’achat en berne. Pour y faire face, une solution éprouvée : le système D. Beaucoup se sont de nouveau mis à s’entre aider en partageant et se sont rendus compte qu’il y avait un réel besoin : plus d’humanité dans les échanges ! Pourquoi alors ne pas allier l’utile (compléter ses revenus ou acquérir des avantages) à l’agréable (profiter de nombreux biens sans se ruiner, et en rencontrant des gens sympas)? Ce qui a commencé comme étant une solution de dépannage, notamment pour les revenus modestes, se transforme petit à petit en un véritable mode de vie, une nouvelle façon de consommer. C’est également un filon pour de nouvelles entreprises qui ont vu là l’occasion de renouer avec une économie plus humaine et durable, toujours susceptible de générer des profits partagés.

Biens les plus partagés d'après l'étude Nielsen de 2014

D’après l’étude Nielsen, plus de 2/3 des répondants sont prêts à partager leurs biens personnels en échange de contreparties financières. Et selon John Burbank, président Strategic Initiatives de Nielsen,

« Tout est propice au partage. […] De la voiture à la maison en passant par les outils, les équipements sportifs le matériel de camping et même les animaux domestiques (sic!), dans l’économie du partage, les propriétaires deviennent à la fois consommateurs et producteurs ».

Cependant il apparaît clairement que les biens les plus partagés ou propices au partage sont les biens électroniques (que 28% des interrogés sont prêts à partager), les outils (23%), les vélos, vêtements et biens domestiques ou encore les équipements sportifs (22%) et les voitures (21%). Mais le partage de compétences et l’échange de services ne sont pas en reste avec près de 26% des intentions.

Le partage n’est l’apanage d’aucune tranche d’âge

 Nous avons vu plus haut que le partage touche et convainc largement, des revenus les plus modestes à ceux qui y voient une source de développement économique. L’un des autres enseignements de l’étude est aussi que le partage n’est pas réservé aux plus jeunes, loin s’en faut. Bien que ces derniers, qu’ils soient appelés « génération Z » (moins de 20 ans),  » digital natives  » (nés avec internet) ou encore « génération Y », aient grandi avec les nouvelles technologies de communication, ils ne sont pas les seuls à en tirer parti. Les 21-34 ans sont certes d’après l’étude les plus enclins à s’engager dans des pratiques de partage, car ils en maîtrisent les codes, mais les autres générations montrent également un intérêt pour le partage.

Le partage transcende les générations

« Parmi les participants désireux de rejoindre la communauté mondiale des partageurs, 17% sont de la génération X (35-49 ans) et 7% des répondants sont des baby-boomers (50-64 ans) » (Nielsen). Les tranches d’âge déterminent également la propension à mettre en partage ou à emprunter. Les plus jeunes n’étant pas ceux qui possèdent le plus de biens, ils se retrouvent plutôt dans le second groupe, celui des emprunteurs. L’étude révèle également que les hommes sont plus impliqués et partagent davantage, sauf en Europe où les femmes se sentent davantage concernées.

Ayez confiance, partagez et rencontrez du monde !

A l’occasion de la OuiShare Fest, Rachel Botsman disait de la confiance qu’elle serait la monnaie du XXIeme siècle. L’étude Nielsen rappelle que

« La confiance est la pierre angulaire de toute relation réussie, qu’elle soit personnelle ou professionnelle. Mais qu’en est-il lorsque la frontière entre vie privée et vie publique s’atténue ? Elle passe d’un élément souhaité à une condition indispensable. »

La confiance est l’un des facteurs clés de succès de toute initiative dans le monde de l’économie du partage. Elle se manifeste le plus souvent au travers de la notation des membres de la communauté ou via l’émission d’avis (positifs ou négatifs). Près de 70% des répondants de l’étude échangent sur internet pour partager leurs expériences, quelle qu’en soit la nature. Ainsi, la majorité des sondés (54%) utilisent les réseaux sociaux comme exutoire. Les opinions exprimées sur ces réseaux valent de l’or car le bouche à oreille demeure le meilleur moyen de communication.

Part de personnes partageant leurs retours d'experience

John Burbank précise également que

« Qu’alors que la capacité de créer un sentiment de confiance entre étrangers dans le monde du numérique soit le fondement de la réussite de la communauté, elle est de plus en plus vitale pour tout business. […] Et quand il s’agit d’échanges d’expériences, via Internet, les consommateurs ne sont pas timides et expriment leurs opinions. »

C’est là une pratique à encourager car elle permet à la fois à la communauté de partageurs de créer du lien en échangeant et aux initiatives collaboratives de s’améliorer en tirant parti des commentaires de chacun. Il est en effet essentiel de faire des clients de véritables partenaires dans la mesure où toute la stabilité du modèle, dans le monde de l’économie du partage, repose sur eux.

Pour nous aussi votre avis compte, alors n’hésitez pas à le partager avec nous en commentant ou en nous contactant !

Pour consulter l’étude complète « Is sharing the new buying? » (en anglais) :

Is sharing the new buying - Lien de l'étude

Cliquer sur l’image pour accéder à l’étude complète

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4 réponses

  1. 4 juin 2014

    […] Sharinblog revient sur l'étude Nielsen "Is sharing the new buying?". Un état des lieux du partage dans le monde très encourageant.  […]

  2. 19 juin 2014

    […] de l’économie du partage est estimé à 2,6 milliards d’euros (Magazine Forbes & étude Nielsen) […]

  3. 27 novembre 2014

    […] jour avec un peu plus de précision. Selon les sources, elle pourrait représenter un marché de 3,5 milliards de dollars aujourd’hui selon Rachel Botsman à 335 milliards en 2025 selon […]

  4. 16 août 2016

    […] du partage est estimé à 2,6 milliards d’euros en 2013 (Magazine Forbes & étude Nielsen) […]

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